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Le coworking fait des émules

article 24 heuresArticle paru jeudi 9 octobre 2014 dans 24heures, par la journaliste Caroline Rieder. De professions différentes, ils partagent les mêmes locaux. Indépendants ou start-up y trouvent convivialité et occasions de réseauter. Exemple à la Muse à Lausanne. Travailler  en  indépendant, mais pas chez soi. Ni en solo dans un bureau loué à prix d’or.  Les  actifs  qui  mènent leur  propre  barque  choisissent de plus en plus le coworking, soit la location d’une place de travail dans  un  local  partagé.  Ces  ruches  accueillent des professions parfois très différentes.  Né  en  2005  à  San  Francisco,  le concept  s’est  largement  exporté.  Selon Maddyness, magazine des start-up françaises, ces espaces ont été multipliés par 32 dans le monde depuis 2007. Et l’offre est toujours  inférieure  à  la  demande.  Ces lieux d’accueil croissent aussi en Suisse.  Haldimand15, Regus ou encore Num3, il y en a près d’une dizaine rien qu’à Lausanne.  Et  les  structures  pionnières comme L’eclau, où l’on peut louer un bureau dès 150 fr. par mois, ou la Muse (dès 250 fr. mensuels) ne désemplissent pas. Ouvert à Genève en 2009, l’espace la Muse  vient  de  fêter  ses  5 ans.  Il  y  a deux ans, une petite sœur a vu le jour à l’avenue du Mont-d’Or 67 à Lausanne.

A elles deux, les structures ont accueilli 400cotravailleurs. Au Mont-d’Or, ils sont en moyenne 35 inscrits à l’année. La structure  s’agence  en  semi-open  space  sur trois étages: des places de travail dans un espace commun alternent avec de petits bureaux. Des salles de réunion sont aussi disponibles. Pour faciliter les échanges et nourrir la convivialité, une cuisine a été installée. «On fête les anniversaires» Certains  coworkers  viennent  deux  fois par  semaine,  d’autres  tous  les  jours. Ceux-là personnalisent les lieux. «Au début c’était une cave ici, puis j’ai aménagé petit  à  petit»,  raconte  Mike  Sommer. Après six ans à Singapour, le photographe cherchait un point de chute. Belge par sa mère et Zurichois par son père, il ne connaissait rien à la région. Il arrive à la  Muse  à  Lausanne  par  le  bouche-àoreille: «J’ai d’abord été motivé par l’aspect financier. Puis j’ai découvert le côté humain. Avec les autres occupants, on est devenus des amis. On fête les anniversaires, on mange ensemble et on sort même parfois le vendredi soir ensemble.» Etre dans  la  pépinière  a  aussi  profité  à  son activité: «Il y a beaucoup d’échanges de mandats.»

Tout naturellement, Antipod, une agence de conseil et design en communication marketing, l’a ainsi sollicité pour  des  photos.  Sa  directrice,  Sylvie Rottmeier, occupe un bureau au rez-dechaussée: «J’ai travaillé chez moi pendant huit ans, ça m’a permis de concilier vie de famille et activité professionnelle, mais le côté discussions autour d’un café et les petits  moments  de  rigolade  me  manquaient.  Je  cherchais  un  lieu  partagé, mais avec des gens présentant des profils différents. Je ne voulais pas un endroit avec uniquement des créatifs.» Elle aime tellement y venir que cette maman ne travaille plus jamais chez elle. Les sphères sont ainsi mieux séparées. «Et ce qui est intéressant aussi, c’est de constater qu’on peut développer des projets en commun avec d’autres coworkers Ça me permet aussi d’exercer une veille permanente sur tout ce qui est technologique.» Pour rester branchée, elle peut compter sur le duo de Cairnz.

Dorit Horst et Julien Roland testent la facilité d’utilisation  des  outils  numériques,  et  notamment des sites internet. Lorsque leur parcours professionnel les mène à Lausanne, ils cherchent tout de suite à coworker: «On  ne  connaissait  personne  ici  et  on avait vu ça à Singapour.» Intégrer la Muse leur a permis de développer leur réseau professionnel. «Il est plus facile de trouver  des  partenaires  que  si  nous  étions isolés dans un bureau. Nous avons aussi pu mieux évaluer le marché, par exemple pour cerner les besoins des start-up, puisque il y a en ici.»

Un soutien moral

Le réseau fonctionne aussi pour ceux qui se lancent dans la vie active. Charpentier de formation, Arthur Veenhuys s’occupe de  la  planification  de  constructions  en bois pour les entreprises. Il a créé sa société à peine sorti des études: «Au début,
je travaillais à la maison, mais ça ne me convenait pas du tout. Je suis venu à un pique-nique (ndlr: tous les mardis à midi, chacun  peut  aller  partager  une  idée  de projet à la Muse) et j’ai tout de suite aimé cet  esprit  d’échange.»  Et  comme  c’est
contagieux,  la  petite  communauté  a même tissé des liens avec les commerçants du coin, où ils se fournissent pour concocter leurs repas en commun.

Des «boosters» de créativité

A Lausanne, les espaces de coworking fleurissent. La Muse leur a ouvert la voie et est devenue leur meilleur ambassadeur. Le seul espace de coworking à la fois privé et public de Suisse est soutenu par les Cantons de Vaud et de Genève, et par la Ville de Lausanne. Il a été créé comme laboratoire: «On nous a demandé d’étudier ce cadre de travail atypique qui était surtout prisé par les créatifs, et d’observer comment il pouvait répondre aux besoins des start-up», détaille Geneviève Morand, membre du Conseil de la Fondation des Espaces Muse. Résultat: ces lieux se sont révélés des boosters de la créativité. «On s’aperçoit que ce qui fait la différence pour monter et porter des projets, c’est la capacité à tisser des liens de qualité.» Celle qui a aussi fondé le réseau professionnel Rezonance, qui compte 42 000 membres, croit beaucoup à ce nouveau modèle: «C’est l’avenir.»

Caroline Rieder Textes – Patrick Martin  Photos

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